L’élevage de bovin est très prometteur

"Cet élevage représente une épargne sur pied comme un grenier plein de maïs ou de sorgho pour les exploitations familiales", soulignent –ils.

Selon divers spécialistes, le développement de cet élevage permettra de fournir une quantité importante de lait, de viande pour augmenter la production des protéines animales et réduire la malnutrition protéique.    Elle fournit aussi du fumier pour la fertilisation des sols et intervient dans la culture attelée (traction animale).

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La Direction de la Statistique, de l'Informatique et de la Documentation agricole (DSID) renseigne qu’entre 1996 et 2012, 6% des ménages agricoles pratiquent cet élevage au Togo.

Les trois régions les plus favorables à l'élevage des bovins sont  les Savanes, Kara et Maritime. La DSID fait noter qu’il y a cependant "quelques têtes de bovins dans les autres régions du pays".

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"Le système cultural au Togo est de type traditionnel extensif axé sur l'exploitation des parcours naturels, jachères et eaux de surface. Dans les savanes, les bœufs sont élevés principalement pour la traction animale, rarement pour la production de lait. Par contre dans la maritime, ils sont élevés pour leur lait qui sont directement vendus en ville",  explique Djabangou Paguindame, zootechnicien et spécialiste en formation sur la reproduction des bovins.

Performance génétique améliorée

Selon certains chercheurs de l’Université de Lomé (Togo), les cheptels bovins du Togo sont constitués de métis, c’est-à-dire relevant du croisement entre races pures.

La production locale du lait est très faible environ 9600tonnes en 2010 selon les travaux de recherche de Daouda Dao en 2013, ce qui naturellement ne couvre pas les besoins de la population.

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Depuis 2016, l’Etat a mis en place la pratique de l'insémination artificielle pour accroître la productivité laitière. "L’insémination permet de produire beaucoup plus de lait. Elle améliore les performances génétiques de nos animaux et permet aussi de regrouper les vêlages et d’éviter les problèmes de consanguinité dans les parcs", explique le chercheur Dao.

Une reproduction à cycle long

Pour un début d'élevage, il est par exemple conseillé  de commencer avec 3 voire 5 jeunes femelles ou génisses avec un seul mâle reproducteur.

"Les jeunes femelles (génisses) prêtes à la reproduction doivent avoir un âge compris entre 2 et 3ans c'est-à-dire avoir au moins 60% de leur poids adulte d’au moins 150kg", précisent les spécialistes de la production bovine.

Le cycle normal chez cet animal est de 21 jours.  La monte a lieu sur chaleur observée d’une durée de 8 à 24 heures. Une vache en chaleur accepte facilement le chevauchement par son congénère. Et sa gestation dure 09mois soit 270 jours en moyenne.

"Afin de maîtriser la reproduction des bovins, on peut induire et synchroniser les chaleurs chez les vaches par l'administration d'hormones suivant un protocole systématique et itératif", conseille M. Djabangou. Il précise que c’est un élevage bien prometteur si le suivi est bien fait.

Et voici le principal casse-tête !

Bien que prometteur, l’éleveur des bovins rencontre des difficultés liées surtout au manque de fourrage, d’aire de pâturages, de points d'eau. D’après les experts, le plus difficile avec ces animaux, c’est la maitrise de leurs maladies qui sont la Tryponosomose, la Babesioses, la Brucellose, la tuberculose et le plus à craindre c’est Le charbon bactéridien.

Le charbon bactéridien reste une maladie à déclaration obligatoire et fait partir des 14 maladies à déclaration obligatoire du REMATO (Réseau d’ Epidémio- surveillance des Maladies Animales du Togo).

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"C’est une maladie infectieuse très contagieuse causée par le Bacillus anthracis. Elle est très dangereuse et très difficile à éradiquer du fait que la bactérie peut produire des spores. Quand l’animal est atteint de cette maladie, tout son corps (sang, muscle et peau) devient noir",  fait savoir  Kogna Kombaté, Docteur vétérinaire en santé animale.

Dr Kombaté explique que "cette maladie est présente sur tous les continents et provoque des mortalités très élevées chez les ruminants et au Togo, elle sévie beaucoup plus au nord du pays surtout dans la région des savanes et un peu celle de la Kara".  Cette maladie très dangereuse informe –t-il, qui "atteint l’homme car c’est une zoonose majeure".

"Pour une telle maladie, il ne faut pas saigner l’animal. Car une fois que les bactéries se retrouvent en contact avec l’air ambiant contenant de l’oxygène, elles forment des spores qui durent jusqu'à 90 ans dans la nature en attente d’un corps favorable pour se reproduire à nouveau", alerte Dr Kombaté.

Il ajoute qu’au Togo, "une lutte est actuellement menée contre les abatages clandestins afin de bien veiller à la population qui consomme cette viande".

Quelques astuces

De toute évidence, l’élevage des bovins est bien porteur si et seulement, le suivi est bien fait. Pour réussir à agrandir son cheptel, les systèmes le plus souvent pratiqués sont  le pastoralisme, le nomadisme, la transhumance, le ranching, l’agropastoralisme, et  l’agro-sylvo-pastoralisme.

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Au Togo, les spécialistes conseillent beaucoup plus le pastoralisme et le ranching mais aussi l’agro-sylvo-pastoralisme. Alors, qu’attendez-vous pour prendre une décision ?

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SANDALI P.

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