Des essais en cours pour piéger les chenilles

Entre 2016 et 2017, les producteurs de maïs de Bassar et au sud de la Kara (région de la Kara) ont passé un sale temps quand leurs cultures avaient été dévastés par les chenilles légionnaires.

En réponse, des pesticides commandés par le gouvernement ont été mis à la disposition des paysans pour réduire les dégâts sur les cultures causés par ces chenilles. Selon les chercheurs, la tendance des attaques par les chenilles est en baisse depuis 2018 au Togo. La recherche a joué un grand rôle.

"Du côté de la recherche, nous avons d’abord recensé les insecticides qui sont utilisés sur le terrain et en premier lieu, il fallait tester un certain nombre pour voir si effectivement ces insecticides sont efficaces pour être utilisés contre cette chenille", témoigne le Dr. komi Agboka, enseignant-chercheur à l’Université de Lomé(Togo).

Il a cité  en exemple "la métazia (très faible en efficacité), le thiodalm (recommandé par l’Etat mais qui n’a pas du tout été efficace sur le terrain),  l’huile de neem (qui à son tour a donné un bon résultat en terme de réduction des infestations mais malheureusement, cette réduction d’infestation n’est pas traduite en rendement)".

L’enseignant-chercheur dévoile qu’actuellement celui utilisé et qui est acceptable par rapport à la réduction de l’infestation et au rendement attendu est l’Emacot (Insecticide autorisé contre les chenilles).

Des essais pour mieux dompter les chenilles

Les chercheurs de l’Université de Lomé ont identifié une substance qui intervient dans l’accouplement de cet insecte et ont synthétisé le produit qui l’attire. C’est un piège qui permet de voir la dynamique de peuplement de l’insecte avec à l’intérieur, la phéromone qui est substance développée en tenant compte du processus d’accouplement de l’insecte.

Dr. Koffi Djima, L’Entomologiste à l'UL

"Avec ces pièges, nous collectons les adultes qui tombent dedans et nous essayons de voir aussi les infestations au champ. Le but est de voir s’il est possible de déclencher une lutte à partir des captures. Il ne faut pas traiter parce qu’il faut traiter mais de voir le seuil de capture et le seuil d’infestation au champ", détaillent-ils.

Le phénomène n’est pas particulier au Togo. Aux Etats-Unis, Brésil ou en Amérique du sud, leurs chercheurs estiment que si "l’infestation au champ atteint un niveau de 30%, c’est qu’il faudra déclencher le traitement".

Lire aussi : Les chenilles légionnaires sèment la désolation au nord-Togo

Côté togolais, ils pensent combiner le seuil au niveau des champs et des captures pour en faire un système de prévoyance et d’alerte précoce.

Résultats des travaux de recherche du Dr. Agboka

"Quand la larve se développe et atteint un niveau donné pour se transformer en chrysalide (stade transitoire pour se transformer en papillon), elle tombe et rentre dans le sol. C’est de là qu’elle atteint le niveau de maturation pour se transformer en papillon et les papillons à leur qui pondent des œufs pour que le cycle reprenne", expliquent-ils.

Recours aux produits chimiques : danger !

L’Entomologiste Koffi Djima met sérieusement en garde les paysans sur le recours à ces produits chimiques pour combattre les chenilles. L’utilisation de ces produits chimiques constitue selon lui, une menace sérieuse pour l’environnement (air, sol et eau) qui reçoit toujours les résidus de tous ces produits et l’homme reste au centre de toute anomalie.

"L’attaque des chenilles et les dégâts causés sont une menace pour la sécurité alimentaire. La pulvérisation par les produits chimiques a pris de l’ampleur pour la contre-attaque. Malheureusement, ces produits sont mal utilisés par les producteurs", note –t-il.

Il urge selon lui, de sensibiliser les paysans car la mauvaise manipulation de ces produits reste un véritable danger pour la santé humaine.

"Lorsque ces produits entrent en contact avec l’organisme, il y a plusieurs sites d’actions. Des maladies sont développées à la longue comme le cancer de peau, le dysfonctionnement des appareils reproductifs, l’asthme, etc.", renseigne Dr. Djima.

Dans l’espoir qu’un jour, une solution durable sera trouvée pour stopper les dommages causés sur les récoles par les chenilles, les paysans ne doivent pas pour l’heure, négligés leur santé.

Des tenues de protection sont vivement recommandées de sorte à éviter tout contact de ces produits de pulvérisation avec le corps. Leur survie passera aussi par-là.

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Sandali P.

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