Mpoko BOKANGA

Sur le pilier Nourrir l’Afrique, il a été constaté avec regret que l’Afrique importe des quantités énormes des nourritures qu'elle peut produire sur place.

Le coût de cette importation selon la BAD s'élève à 35 milliards de dollars, soit 2000 milliards de francs CFA pour importer des produits comme le riz, le maïs, le poulet etc. 

C’est ainsi qu’un programme dénommé Technologie pour la Transformation de l’Agriculture en Afrique (TAAT en Anglais) a été lancé pour renverser la tendance.

"Quand nous plantons un hectare de maïs, nous récoltons une ou deux tonnes mais nos collègues en Asie récoltent 4 ou 5. La première chose à faire, c'est d'augmenter notre productivité. Elle est faible parce que nous utilisons de vieilles méthodes, de vieilles technologies or nous avons aujourd’hui des technologies qui peuvent permettre de doubler, tripler voire quadrupler la productivité de l'agriculture mais nos producteurs n'ont pas accès à ces technologies", regrette Dr. Mpoko BOKANGA, coordinateur technique du TAAT.

On comprend alors que la principale mission du TAAT, c’est de passer par tous les moyens pour permettre aux différents pays du continent d’augmenter significativement leur productivité comme cela se fait sous d’autres cieux.

Les interventions prioritaires du TAAT se focalisait sur la mise à l’échelle des technologies éprouvées des chaînes de valeur du haricot, du manioc, de la pisciculture, des petits ruminants, du maïs, du riz, du sorgho, du mil, de l’arachide, de la patate douce à chair orange et du blé.

Désormais, il prend également en compte le soja, l’igname, le café, le cacao, la noix de cajou, l’huile de palme, l’horticulture et le niébé.

"Il y a un certain nombre de spéculations qui ne peuvent qu'être retenue comme spéculations prioritaires. On regarde là où on dépense beaucoup de nos recettes pour acheter des aliments dont si on n’importait pas, on pourra mettre ces recettes sur la santé, l'éducation et les autres besoins du développement", explique Dr. BOKANGA.

Ces chaînes de valeurs sont appuyées dans leur mise en œuvre par des facilitateurs experts en développement des capacités, fertilité du sol, gestion de l’eau et gestion de la chenille légionnaire.

Basé au Bénin, le TAAT intervient dans 27 pays dont le Togo où il se positionne pour booster la productivité des producteurs dans la zone de l’Agropole du bassin de la Kara dans les filières riz, maïs, soja, volaille, aquaculture.

"Nous avions des technologies performantes et le gouvernement voudrait que ces technologies soient aussi adoptées ici au Togo. Nous allons établir une feuille de route pour voir comment ces technologies peuvent être introduites au Togo de manière positive et pérenne", détaille-t-il à agridigitale.

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