Lombo Yao, Directeur général de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA)

Mais déjà, les premiers indices montrent qu’au niveau de la région des savanes (nord-Togo), plus de 80% des sols cultivables de la région sont pauvres en potassium, en phosphore et aussi en matière organique.

"Maintenant, ce qui intéresse le producteur, c’est quel est le besoin en matière organique, quelle est la quantité de potassium, du phosphore qu’il faut apporter et pour chaque culture", partage Lombo Yao avec les exposants au Salon internationale de l’agriculture et de l’agroalimentaire de Lomé (Sialo).

Ce qui revient aux chercheurs de l’ITRA a-t-il souligné, "c’est de proposer des mesures correctives en se basant sur une approche de gestion intégrée pour essayer de relever ce niveau de fertilité des sols".

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"Les spécialistes sont à pied d'œuvre pour pouvoir faire des recommandations sur les différents éléments qu’on peut apporter en fonction de chaque culture. Maintenant, il faudrait que ces éléments puissent être disponibles sur le marché. Ce serait vraiment l’enjeu pour notre pays", signale M. Lombo.

D’après la carte de dégradation des sols du Togo établie en 2017 par le CILSS avec le ministère de l’environnement, les zones forestières ont été dévastées et les sols sont dénudés.

"Le sol étant nu, il y a le soleil qui tape, il y a la pluie qui vient tout prendre et il y a des traces de points rouge qui indiquent une poussée de la dégradation. Aujourd’hui toutes les régions ont des traces rouges alors qu’il y a 20, 30 ans, le Togo était totalement vert avec seulement les zones de Vogan et certaines zones de Cinkassé où on trouvait des points rouge de dégradation", se lamente Ani Essowédéon Sékou, ingénieur agronome, chercheur en fertilité de sol à l'ITRA.

Les causes de dégradation des sols sont physiques, chimiques et biologiques mais quand on prend tous ces aspects, c’est l’homme qui est au milieu de tous ces facteurs par ces mauvaises pratiques agricoles.

"Le non-respect des recommandations en matière de fertilité des sols, les brulis, les résidus des récoltes ne sont pas retournés au sol, on procède à la déforestation tous ces paramètres contribuent à la dégradation des sols", rappelle Essowédéou.

Il invite les populations à prendre exemple sur leurs concitoyens de la région centrale (Tchamba, Badou, Kamboli) qui ont cette particularité de protéger leurs forêts.

"Il nous revient de sauvegarder les ressources naturelles. Les forêts, il ne faut pas les détruire mais il faut reconstruire ce qu’on a, c’est-à-dire qu’il faut replanter les arbres", martèle l'ingénieur agronome.

Parlant de la gestion intégrée, Thibaud Rossel de Secaar a tenté de persuader les participants que l’agriculture biologique est une belle alternative.

"De nombreuses études montrent que dans l’avenir, au Togo particulièrement et toute l’Afrique sub-saharienne, les pluies vont se faire de plus en plus rares, de moins en moins abondantes aussi et pour cela, l’agriculture biologique a un atout majeur parce que selon ces mêmes études, même en situation de sècheresse, l’agriculture biologique permettrait de produire 30% de plus que l’agriculture conventionnelle", soutien Thibaud, conseiller technique en agroécologie.

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Anani E.

 

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