Essowè Batana, président du conseil d’administration de l’Agence de Promotion et de Développement des Agropoles au Togo (APRODAT)

"C’est vrai que les gens disent que ce n’est pas rapide mais aujourd’hui, nous sommes à l’étape des appels d’offres pour les études architecturales afin que les gens puissent nous proposer tout ce qu’il faut dans l’agroparc sur une superficie de 46 hectares", lâche-t-il à agridigitale.

"La procédure est un peu longue mais les travaux physiques vont commencer en 2020", ajoute –t-il invitant "les ingénieurs togolais à soumissionner au lieu de laisser tout entre les mains des étrangers".

Sur les 65 milliards annoncés, le projet pilote de l’agropole du bassin de la Kara a déjà mobilisé plus de 38 milliards de francs CFA auprès de la Banque africaine de développement (BAD) ; la Banque ouest africaine de développement (BOAD), Fonds Coréens et l’Etat togolais.

Ces fonds sont destinés à la réalisation de l’aménagement de bas-fonds, des barrages, des périmètres irrigués, mise en place des infrastructures de télécommunication, d’électricité et d’eau, construction et réhabilitation des forages ; achat des équipements et autres matériels, formations, assistance techniques, études etc.

Lire aussi : Où en est-on avec l’agropole pilote de Kara ?

Outre ces grands travaux, il est prévu dans le projet, une soixantaine de forages pour aider les populations à améliorer leurs conditions de vie. 

"Là aussi, les appels d’offres ont déjà été lancés. On a reçu les soumissionnaires, on a évalué et on a retenu un qui va commencer en principe les travaux en novembre prochain pour doter les quatre préfectures de la zone qui couvre 19 cantons de 20 nouveaux forages et réhabiliter 8 anciens qui sont en pannes d’ici février-mars 2020", souligne-t-il.

Le projet n’a pas du tout négligé l’aspect sécurité foncière. Pour cela, plusieurs campagnes de sensibilisations ont été faites à l’endroit des populations.

"Ceux qui viendront prendre, ils vont signer des contrats sur de longues durées 49 à 99 ans. Il fallait que les populations soient averties à l’avance pour éviter que les gens prennent des domaines qu’ils investissent, qu’ils fassent des réalisations et après on se retrouve à gérer des problèmes fonciers. C’est dans ce sens qu’eux-mêmes, volontairement nous ont identifié des sites qu’ils sont disposés à mettre à la disposition du projet", témoigne-t-il.

Ainsi, une liste est déjà ouverte pour enregistrer tous ceux qui souhaitent s’installer sur les 130.000 hectares qui seront aménagés dans les préfectures de Doufelgou, Kantè, Dankpen et Bassar pour la production, la transformation, la commercialisation ou encore l’exportation du riz, sésame, soja, anacarde, les poulets de chairs, la pisciculture, etc.

"Nous avons actuellement identifié 65 sites mais nous en avons cartographié 15 et ça nous fait 5300 hectares. Maintenant, nous invitons les gens, ceux qui veulent produire à s’inscrire pour vite attirer les transformateurs parce qu'on ne peut pas transformer si on n'a pas la matière première. Il y en a qui viennent déjà mais nous attendons d'autres", convie M. Batana.

Pour éviter que des étrangers viennent s’accaparer des terres qui seront mises à disposition, il invite la jeunesse togolaise à se mettre ensemble pour s’offrir des blocs.

"On veut vraiment que ce soit des vrais domaines pour refléter un vrai champ. Donc, nous mettons à disposition, des blocs de 50, 100, 200 hectares en allant. Les Jeunes togolais qui individuellement n’ont pas les moyens peuvent se mettre à deux, à trois ou à quatre pour prendre un ou plusieurs blocs. Au fait, ce n’est pas cher, moins de 10.000 francs par hectare par an. C’est rien du tout pour une exploitation parce qu’en réalité c’est des entrepreneurs agricoles qu’on veut installer", précise-t-il.

Proposez vos services !

Pour l’aménagement et le dessouchage des sites, l’Agence de Promotion et de Développement des Agropoles au Togo attend des propositions des prestataires de services dans ce domaine.

"Ce n’est pas avec la houe qu’on va exploiter 50 hectares. Donc il faut forcément qu’on utilise le tracteur. Or pour qu’on utilise le tracteur, il faut enlever les racines pour permettre au tracteur de faire son job. Donc, il y a ce boulot qui va être fait pour alléger la tâche à ceux qui veulent prendre des blocs. Au moins, il faut dessoucher les domaines avant de donner aux gens", signifie Batana.

Pour les unités de transformations qui seront installées pour ajouter de la valeur aux matières premières, il y aura la possibilité d’acheter le complément auprès des petits exploitants de la zone.

Lire aussi : ‘Eclore l’œuf du développement communautaire’

"La fondation Seamaul est déjà active sur le terrain pour organiser les paysans, à les former dans les techniques agricoles, à les structurer dans la production des différentes filières", précise-t-il.

 Pour ce qui concerne le marché, l’APRODAT est en train de travailler avec la Haute Autorité de la Qualité et de l’Environnement (HAUQE) sur les systèmes de certification et des référentiels qui conditionnent les différents marchés afin de permettre aux produits qui sortiront de ces usines de pénétrer tous ces marchés.

Les résultats attendus

Le projet vise la création d’au moins 25.000 emplois pour les femmes et les jeunes de la région pour augmenter la part des produits agricoles transformés sur place (de 19% à 40%).

Grâce aux investissements privés dans l’agro-parc, il est attendu 9000T/an de riz paddy ; 15000T/an de maïs ; 10000T/an de soja ; 20000T/an de provende ; 10.000T/an de noix de cajou et 10 000T/ an de sésame ; une production de 3 millions de poussins/an ; abattage de 2 millions de poulets de chair/an ; le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

La mobilisation du secteur privé togolais est aussi très attendue pour la réussite de cet ambitieux projet du gouvernement.

-------------

Anani E.

1 Contribution(s)

  1. adja say:

    J'apprécie beaucoup l'initiative

    06/11/2019 12:11:49

Votre avis