Dr Assimiou Adou Rahim Alimi, Coordonnateur opérationnel délégué du PPAAO-Togo

Son seul challenge à quelques mois de la clôture du programme, c’est que les bénéficiaires puissent également faire leur part dans la divulgation des technologies développées en faveur du monde agricole.

"Ceux qui ont eu la chance et le privilège d’être bénéficiaires, ils ont été touchés parmi tant d’autres.  Ils ont ce rôle-là de pouvoir partager (connaissances, technologies, matériel) de façon à ce que, ceux qu’on n’a pas pu toucher directement puissent en profiter aussi pour réaliser l’effet tâche d’huile pour provoquer une transformation beaucoup plus grande", convie le coordonnateur PPAAO-Togo

Initié depuis 2011 par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) avec l'appui financier de la Banque mondiale et coordonné par le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF), le projet a un objectif de développement caractérisé par six indicateurs.

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Au Togo, il est mis sous tutelle du ministère de l’agriculture, de la production animale et halieutique et fait partie de l’un des projets majeurs du Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA).

Les performances du PPAO au Togo

Par rapport aux six indicateurs, le premier concerne le nombre de bénéficiaires que le projet doit atteindre. En fin juillet 2019, sur les 500.000 bénéficiaires escomptés, le projet en a touché 550.410 (110%).

Le deuxième indicateur, ce sont les bénéficiaires qui utilisent les technologies que le projet a introduit dans le pays. Il était prévu 100.000 mais le projet en a touché sur la même période, 98.351 (98%).

Au niveau du troisième indicateur qui table sur les technologies générées par le projet et qui ont une augmentation de rendement d’au-moins 15% par rapport à la situation de référence, il était prévu 10 technologies mais le projet en a générer 12 (120%).

Le quatrième indicateur vise le nombre de producteurs qui ont connaissance des technologies diffusées à travers le projet. A ce niveau, la dernière enquête situe le taux à 91% de la cible. Le cinquième indicateur, ce sont les superficies couvertes par les technologies mises en place par le projet. Sur 350.000ha attendus, le projet en a touché 335.755ha (96%).

Enfin, le sixième indicateur renseigne ceux qui ont adopté les technologies mises à disposition par le projet. La cible c’est 350.000 et le projet a réalisé 368.217 (105%).

 Quid des réalisations sur le terrain ?

Entre autres réalisations, le projet a concrètement permis la mise en conformité du Togo avec les règlements communautaires sur les semences et les pesticides qui permettent au pays d’échanger facilement les technologies avec les autres pays de la CEDEAO.

Ainsi, note-t-on, l’introduction d'une vingtaine de technologies composées principalement de variétés améliorées et performantes de diverses cultures d’une part et l’exportation de 5 technologies comprenant les semences et les agroéquipements vers 9 pays de la sous-région.

Aussi, plusieurs départements du ministère de l’agriculture (ITRA, ICAT, CAGIA, DPV, etc.)  ont vu leur système de recherche renforcé.

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Dans le domaine de la génération de technologies, le projet a permis d’améliorer le stock de technologies disponibles susceptibles d’améliorer considérablement la productivité agricole en appuyant la génération de 15 technologies (Egreneuse multifonctionnelle, Extracteur et décortiqueuse de graines de  courges, Séchoir solaire type serre, variétés de piment, géniteurs volailles, technique de stabilisation de la bière locale, technique de conditionnement du fumier, mini tracteur, moissonneuse, batteuse, torréfacteur, four à gaz, géniteurs volailles, technologie de lutte contre la mouche des fruits) et l’adaptation de 8 autres constituées de variétés maïs (4), de riz (2) et de manioc (2) à haut rendement.

Cela à travers le financement de 20 sous-projets compétitifs et 5 sous-projets commissionnés de recherche et développement  et des tests d’adaptation de technologies conduits par l’ITRA.

Les appuis du projet ont également permis de créer trois ESOP  semences et 3 ESOP de transformation de viandes qui relient durablement les producteurs au marché. En termes d’emplois, on estime que le projet a contribué a créée plus de 3 000 emplois.

"Dans l’ensemble, on est à plus de 90% de réalisation mais, ça c’est la situation au mois de juillet. Aujourd’hui, elle a fortement évolué mais il y a une mission qui va venir dans le mois de novembre et on va réactualiser l’ensemble de ces données", confie Dr. Assimiou à agridigitale.

Au départ, le projet était prévu pour prendre fin en 2017, mais grâce aux résultats significatifs de sa phase initiale, le PPAAO-TOGO a bénéficié d’une phase additionnelle pour une durée de deux ans 2017 et devrait donc finir en 2019.

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Anani E.

 

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