Des boulangers formés à Lomé

"Cette formation est une initiative présidentielle parce qu’on a vu que pour la sécurité alimentaire, il faut la disponibilité des aliments et que cette disponibilité des aliments soit de qualité", explique Kokou AZIATO, ingénieur agroalimentaire, chef section technologique alimentaire à l'ITRA.

Il détaille que pour la première étape de cette démarche, c'est une formation des formateurs puis en retours, ces derniers l’étendront aux autres boulangers et pâtissiers de toutes les régions.

"La culture du manioc est vraiment rependue en Afrique et partout dans le monde, mais ailleurs d'autres lui donnent une valeur ajoutée qui permet d'avoir un rendement économique vraiment élevé. Le Nigeria l'a utilisé et après l'expérience, ils ont vu que le manioc est vraiment une matière première qui a beaucoup d'avantage du point de vue transformation avec ses dérivés comme le gari les causettes, la farine panifiable de manioc haute qualité", fait savoir  M.AZIATO, Expert-Formateur.

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Pour lui, "c'est une farine qui se présente exactement sous forme de la farine de blé et que même s'il n'a pas les mêmes propriétés que la farine de blé, il peut constituer un substituant qu'on peut incorporer à la farine de blé pour obtenir les produits de boulangeries et de pâtisserie de bonnes qualités".

Incorporer 10% du manioc

La vision du gouvernement est d'incorporer 10% de farine de blé ou valoriser à 10% le manioc afin de permettre aux producteurs d'avoir des revenus exceptionnels. 

Le blé étant un produit importé qui coûte cher en prenant le cas par exemple du Togo où on dépense chaque année environ 5 milliards F.cfa pour importer la farine de blé, ses dérivés et les produits à base de blé, il urge de trouver d’autres alternatives selon les Experts. 

"Du point de vue rendement économique, il est démontré qu’en incorporant 10% on gagne plus en volume par rapport à la production ce qui fait que la transformatrice ou le transformateur aura quand même une économie vraiment rehaussée à cause de la composition de l'amidon contenu dans la farine de manioc qui prend beaucoup d'eau et se gonfle", a souligné l'expert de l'ITRA.

Le blé va –t-il disparaître dans le pain ?

Non, répond l’Expert qui précise le projet en question ne vise pas à faire disparaitre le blé, car le blé également possède des propriétés que d'autres farines farine n'ont pas.

"L’avantage du blé, c'est sa composition en gluten et le gluten c'est un assemblage de protéines qui permet quand même de donner à la pâte une certaine élasticité ce que d’autres n’ont pas. Il ne s’agira pas de remplacer le blé mais procéder à une substitution progressive avec le manioc", recadre –t-il.

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Kokou AZIATO

Il ajoute que "le projet ne prend pas en compte seulement la transformation mais il y a une première phase qui a consisté à initier les structures de recherche sur la technologie de reproduction ou de multiplication des boutures de manioc, et les chercheurs sont partis au Nigeria et ont été formés sur la culture in-vitro avec une reproduction au champ".

Les participants à cette formation ont exprimé leur satisfaction par rapport à cette innovation qui leur permettra de minimiser les coûts de production du pain.

"Le manioc est consommé au Togo sous forme de fou-fou, gari etc.  Avec cette formation, il faut dire que ça va nous aider à minimiser le coût de la farine de blé puisque la farine n'est pas faite au Togo du coup, il coûte cher",  salue KUEGAH-Chouchouda Viviane une des participantes.

La formation des formateurs est assurée par quatre (4) Experts de l'IITA(Institut International de l'agriculture tropicale) à travers le programme TAAT (Technologies pour la transformation de l'agriculture africaine) financé par la Banque africaine de développement(BAD).

1 Contribution(s)

  1. HALAWI Abalo say:

    C'est une Initiative salutaire. Une fierté pour le Paysan Togolais ...

    09/04/2019 13:59:25

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