Le site de la ferme piscicole de Ayité abandonné

Ayité Augustino d’Almeida, rentré au Togo après sa retraite en France, s’était lancé depuis 2012 dans l’élevage des poissons. Son challenge était de passer le reste de ses vieux jours au pays à vivre de ses passions.

L'entrepreneur n’a pas lésiné sur les moyens. Sur le site de sa ferme AROA, basée à Tokpota (environ 60 km de Lomé) sur la route d’Aklakou, il y a 5 étangs de 230 à 500 m2, plusieurs bassins et plusieurs bacs.

Les investissements sont évalués à 15 millions F.cfa mobilisés grâce à une bonne partie de sa pension de retraite et d’autres appuis multiformes.

"On importait les alevins d’Abomey Calavi (Bénin). On avait les tilapias, les clarias, les silures. J’avais fait venir une machine de la Chine pour produire mes propres granulés pour leur alimentation. Tout se passait bien, on vendait en gros et en détail. On vendait même des tilapias de 2kg", confie-t-il à agridigitale.

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Tout allait presque bien, quand, cinq (5) ans plus tard, en 2018, un événement douloureux viendra donner un coup d’arrêt aux rêves de d’Almeida et de ses huit(8) collaborateurs. Sa ferme étant proche de la lagune, les crocodiles sont rentrés dans les étangs et ont bouffé les milliers de poissons et alevins qui s’y trouvaient.

"La nuit, ils viennent pour bouffer les poissons. On est parti à la préfecture pour signaler ça. Le préfet nous a mis en contact avec une ONG qui devait nous aider à les attraper. D’abord on a clôturé avec les filets, ensuite on a mis des pièges mais les crocodiles on tout décimé. Comme mon papa  ne savait plus comment faire, il s’est fâché et il a tout abandonné", témoigne Dodji d’Almeida, fils d’Augustino qui ne souhaite pas du tout voir d'autres entrepreneurs subir le même drame.

"J'invite mes jeunes frères et sœurs à bien réfléchir avant de choisir leur emplacement, de penser à clôturer leur site et de ne pas hésiter à aller vers les services d’assurances", conseille-t-il.

La pilule fut très amère pour Ayité Augustino d’Almeida qui a préféré retourner en France pour y passer ses vieux jours. Une petite parenthèse entrepreneuriale qu’il n’est pas prête d’oublier. Entreprendre, c’est aussi l’échec.

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Anani E. & Sandali P. de retour à Lomé

1 Contribution(s)

  1. David Bamba say:

    Ce monsieur n'était pas prêt pour entreprendre sinon il n'aurait pas pas dû abandonné Il peut toujours revenir sur ses pas et recommencer Je suis un crocodile et je sais de quoi je parle........

    22/10/2019 11:22:26

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