Tchabinandi Kolani-Yentchare, ministre en charge de la promotion de la femme

Malgré cette présence active dans ce secteur, les études de la FAO soulignent que, "s’il est vrai que les femmes sont à la base de la petite agriculture, de la main d’œuvre agricole et de la subsistance familiale quotidienne, elles ont moins facilement autant accès que les hommes aux ressources telles que la terre, le crédit, les intrants et les services qui renforcent leur productivité".

Pour Mme Kolani-Yentchare, "cet accès limité aux ressources et l’insuffisance du pouvoir d’achat des femmes sont le résultat d’une combinaison de facteurs sociaux, économiques et culturels interdépendants, qui leur imposent un rôle subalterne, au détriment de leur propre développement et de celui de la société dans son ensemble".

Pour remédier à cette situation, elle rappelle que le gouvernement avec l’appui des partenaires au développement, a entrepris de nombreuses actions afin de favoriser de meilleures conditions de travail et de vie aux femmes rurales.

Lire aussi : Les femmes plus impliquées dans l’agriculture que les hommes

Il s’agit entre autres, du renforcement de l’arsenal juridique permettant aux femmes d’avoir un accès équitable à la terre au même titre que les hommes, à travers le nouveau code des personnes et de la famille et le nouveau code foncier et domanial ; l’amélioration de l’accès des femmes rurales aux microcrédits, par le biais du Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI) et du Mécanisme Incitatif de Financement Agricole (MIFA) ; le renforcement des capacités techniques dans le domaine agricole, à travers la création de deux centres de formation de développement agropastoral à Elavagnon et à Barkoissi ; la formation en gestion des microentreprises ayant permis jusqu’ici à plus de 500 femmes d’être mieux outillées pour tirer le meilleur parti de leur labeur.

L’accès à la terre, reste un casse-tête

Malgré cette volonté politique manifeste de promouvoir les femmes rurales, quelques  défis majeurs persistent et méritent d’être relevés.

"Dans leur grande majorité, les femmes ne possèdent toujours pas les terres qu’elles cultivent ; un nombre encore important parmi elles n’ont pas non plus accès aux services financiers qui pourraient contribuer à réduire significativement leur pauvreté", note la ministre.

"Par ailleurs, les travaux ménagers non rémunérés leur imposent un lourd fardeau, absorbent une grande partie de leur temps, les empêchant ainsi de maximiser les initiatives susceptibles d’assurer leur autonomisation", ajoute-t-elle.  

Lire aussi : Pourquoi les femmes s’estiment-elles toujours lésées ?

Elle a ainsi lancé un appel aux "leaders traditionnels communautaires et religieux d’user de leur autorité pour faciliter à nos mères, épouses, sœurs et filles, l’accès à la terre, principal moyen de production en milieu rural".

La ministre a également convié les femmes rurales à saisir les opportunités mises en place par le gouvernement et ses partenaires à travers les différents projets et programmes pour optimiser votre productivité et améliorer vos conditions de vie et de travail.

Eveil des consciences

La contribution des femmes rurales dans le développement du secteur agricole partout dans le monde n’est plus à démontrer car, elles sont en effet responsables de la moitié de la production alimentaire mondiale.

La Journée internationale de la femme rurale célébrée mardi suivie ce mercredi de la Journée mondiale de l’alimentation, intervient pour souligner le rôle important des femmes rurales dans la production et la sécurité alimentaire.

Instituée en 2007 par l’Assemblée Générale des Nations Unies, sur l’initiative des organisations non gouvernementales, cette journée vise à valoriser le potentiel des femmes rurales et d’attirer l’attention des gouvernants et autres acteurs, sur les problèmes auxquels elles sont confrontées dans leurs efforts quotidiens, afin qu’une attention particulière leur soit accordée.

Lire aussi : Sécuriser les terres et les forêts pour les femmes

Si au plan mondial le thème retenu est : "Renforcement de la résilience face à la crise climatique des femmes et des filles en milieu rural", côté national, la célébration a tourné autour de "l’accès des femmes rurales aux moyens de production pour un développement inclusif et durable".

Le gouvernement a offert des équipements de production à 12 groupements dynamiques de la préfecture d’Agou-Gadzepé (préfecture de l’Ogou) pour soulager ces dernières dans leurs travaux champêtres et de transformation des produits agricoles.

----------------

Fidèl G.

Votre avis