Kossivi Agbo, Coordonnateur du PAEIJ-SP

Outre le mécanisme incitatif de financement agricole fondé sur le partage des risques (MIFA), le Projet d’Appui à l’Insertion et à l’Employabilité des Jeunes dans les Secteurs Porteurs (PAEIJ-SP) intervient également sur les chaînes de valeurs agricoles par la mise en place des clusters agroindustriels au profit des togolais d’âge compris entre 18 et 45 ans.

Lancé en Avril 2016 par le Chef de l’Etat et appuyé par la Banque Africaine de Développement (BAD), le PAEIJ-SP travaille sur cinq filières: maïs, manioc, soja, volailles et petits ruminants pour le renforcement de l’employabilité des jeunes et la promotion de l’entrepreneuriat rural.

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Dans chacune de ces filières, l’unité de gestion du projet pilotée par Kossivi Agbo et son équipe, identifie une entreprise qui transforme soit la spéculation en question ou qui collecte et vend un grand volume. C’est donc un Projet orienté vers le développement d’une agriculture commerciale contractuelle.

Une fois l’entreprise identifiée, s’en suit la vérification de l’existence d’un marché sûr et l’analyse des acteurs dans les segments approvisionnement et distribution de l’entreprise.

De cette analyse, le Projet élabore les référentiels technico-économique et les profils d’investissement afin de dimensionner les services à porter par les jeunes. Les jeunes sélectionnés à l’issu des appels à Projet subissent des entretiens de compétences. Ceux qui sont retenus sont formés par des cabinets spécialisés à l’élaboration des business plan qui seront soumis après contrôle qualité par le Projet aux institutions de microfinance partenaires pour le financement de leur Projet.

Que retenir comme résultats en 5 ans ?

L’objectif de départ était d’accompagner à termes (2016-2021), 12 PME, d’appuyer 1200 jeunes en finançant 780 parmi eux, d’accompagner et de financer 1000 groupements de producteurs et d’éleveurs. La consigne était de créer au total, 20 000 emplois directs et 150 000 emplois indirects.

Kossivi Agbo informe qu’à la date du 30 juin 2019, le PAEIJ-SP accompagne 16 PME, appuie 1005 jeunes (dont 775 ont reçu de financement), accompagne 1340 groupements dont 640 financés.

En termes de création d’emploi, 25 650 emplois directs tant dans le secteur de la production que dans les prestations de services sont créés et 98 730 emplois indirects sont créés.

"En créant ces petites unités industrielles, le projet contribue à renforcer le tissu industriel Togolais. Tous ces emplois créés ont contribué un tant soit peu à la réduction du chômage parce que ce nombre ne fait plus parti des demandeurs d’emploi que ce soit dans le milieu urbain que rural", confie le coordonnateur à agridigitale.

Parmi les emplois directs, il est prévu que 40% soit des femmes. À ce jour, elles représentent seulement 26%. L’unité de gestion du projet révise déjà les critères pour les femmes.

Vers l’assurance agricole et la mutuelle de santé

Le défi actuel dont fait face le Projet d’Appui à l’Insertion et à l’Employabilité des Jeunes dans les Secteurs Porteurs, c’est la non maitrise de l’eau qui n’a pas été intégré dans la conception du Projet.

"Nous subissons les variations des saisons. Si elle est bonne, nous avons de bon résultat et si elle est mauvaise, nous avons de mauvais résultat", note Kossivi Agbo.

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L’unité de gestion du projet envisage mettre à la disposition des bénéficiaires, une assurance agricole et une mutuelle de santé comme palliatif. 

"Cela permettra d’atténuer les difficultés liées à cette non maitrise de l’eau. Ces deux mécanismes ne sont pas encore opérationnels, cependant, nous venons de boucler les études de faisabilité. En 2020, ces outils seront développés pour accompagner nos producteurs et palier à ces effets pervers", promet-il.

Le coordonnateur encourage donc la jeunesse Togolaise à embrasser le secteur agricole plus précisément du PAEIJ-SP parce que ce secteur est pourvoyeur d’emploi.

L’unité de gestion du projet travaille déjà pour que les emplois créés soient durables. Il revient aux porteurs de faire le pas.

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ANANI E. & Sandali P.

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